• fdepierre

La psychologie positive comme art de vivre


De manière générale, l’être humain a plutôt tendance à focaliser son attention sur les aspects négatifs de son quotidien ou d’une situation. En rentrant chez soi le soir, on fera plus le bilan des moments désagréables de la journée ; la réunion qui s’est mal passée, ou les problèmes qu’il a fallu gérer et qu’il faudra encore gérer demain, cette tâche urgente qui est inachevée... Et si on prenait le temps de se concentrer sur toutes les choses positives qui nous entourent ? Si on prenait le temps de s’arrêter pour contempler un joli paysage ou pour écouter une musique qu’on aime ? Si on essayait de rééduquer notre cerveau à voir le verre à moitié plein et non pas à moitié vide ?


Et si tout simplement, on pratiquait la psychologie positive au quotidien ?


La psychologie positive, qu’est-ce que c’est ?

II est très important de préciser que la psychologie positive est une science. Il ne faut donc pas la confondre avec la « pensée positive ». La psychologie positive est une véritable science construite grâce à des recherches scientifiques rigoureuses suivant des protocoles expérimentaux bien définis.


Ce domaine de recherche et d’intervention s’est développé dans les années 2000 à la suite d’un constat simple fait par Martin Seligman : les recherches en psychologie permettaient d’accompagner les individus pour faire face aux névroses et aux troubles psychopathologiques mais peu d’études avaient été développées sur ce qui permet aux individus de s’épanouir, d’être résilients, et de favoriser leur bien-être au quotidien.


La psychologie positive se définit comme « l’étude des conditions et des processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions ». (Gable et Haidt, 2005, p. 104). Cette psychologie positive ne signifie pas qu’il en existerait une « négative » mais elle cherche à mettre en avant tous les éléments positifs du fonctionnement humain et des expériences humaines. Bien entendu, il ne faut pas avoir une vision idéalisée et utopique de la réalité ou faire abstraction de nos sentiments négatifs et rentrer dans une forme de déni. On cherche ici à attirer l’attention sur les éléments positifs de notre quotidien. Par exemple, prendre le temps de regarder un joli coucher de soleil, sentir l’odeur des fleurs en été, entendre une musique que nous aimons. Tous ces petits plaisirs de la vie sont propres à chacun, Proust avait sa madeleine, à vous de trouver la vôtre. Il faut donc se concentrer sur les éléments positifs de notre vie, les rencontres que l’on fait, les échanges agréables, les moments de partage.


Plus concrètement, comment fait-on ?


Les 5 règles d’or :

Pour illustrer les ressorts profonds de la psychologie positive, Martin Seligman utilise l’acronyme PERMA en anglais :


  • P pour positive emotions : on se concentre sur les émotions positives. La joie, la gratitude, la curiosité, l’espoir sont autant d’émotions positives à cultiver au quotidien.

  • E pour engagement : vivons le moment présent, pleinement ! Prêter votre attention spécifiquement à l’instant présent, sans jugement. Cette pleine conscience est source de créativité, d’empathie et de paix. Observons, écoutons, rions… sans penser à demain ou à hier, vivons l’instant.

  • R pour relationship : accepter les autres tels qu’ils sont sans jugements et avec bienveillance.

  • M pour meaning in life : questionnons-nous sur le sens de notre vie. Que voulons-nous en faire ? Quelles sont nos priorités ? Qu’est-ce qui donne du sens à notre vie ?

  • A pour accomplishment : qu’aimerions-nous réaliser à travers notre existence ? Quels sont les grands accomplissements qui comptent vraiment pour nous ? Les défis que nous aimerions relever ?


Voici quelques petits exercices que vous pouvez pratiquer régulièrement. Ils vous aideront à adopter la psychologie positive au quotidien.


1- Méditer sans restriction !

Parmi toutes les méthodes de la gestion du stress, la méditation de pleine conscience (ou Mindfulness) est la méthode qui a fait l’objet du plus grand nombre de publications scientifiques. Cette méthode consiste à se concentrer sur ses sensations, sa respiration, ses émotions, ses pensées, sans émettre de jugement de valeur. Elle a été développé par Jon Kabat-Zinn, un professeur de médecine de l’université du Massachusetts, et est à pratiquer sans modération ! Ses effets sont nombreux : vertu relaxante qui peut aider à gérer le stress et l'anxiété, favorise l'attention et la mémoire, permet d’être plus résistants face à la douleur. Pour finir, la méditation favoriserait également la santé cardiovasculaire et l'immunité.


2 - Le ratio de Losada

A la fin de la journée, on fait le bilan et on comptabilise le ratio de paroles positives dites et celles négatives. Essayer de vous remémorer les paroles prononcées durant vos différentes interactions sociales. Le but est que vous disiez trois fois plus de paroles positives que négatives au sein d’un groupe. De manière générale, essayez d’utiliser au maximum des tournures de phrases positives. On parle « d’axe d’amélioration » plutôt que de « défauts », « c’est bien » plutôt que « ce n’est pas mal », etc.


3 – On cultive sa gentillesse

Rendre service, être généreux et altruiste, rend plus heureux. Cela produit de nombreux bienfaits comme apaiser les tensions, créer un climat positif, et cela renforce la confiance dans les relations interpersonnelles…Chaque jour, rendez un service, faites même une toute petite action, proposez votre aide, faites un compliment à l’un de vos collègues, soyez à l’écoute…


4 – On exprime sa gratitude

Remercier, exprimer sa reconnaissance et dire en quoi nous sommes reconnaissants est très bénéfique. Cela peut-être envers une personne ou une situation. Par exemple, j’éprouve beaucoup de gratitude de pouvoir manger à chaque repas, d’être en bonne santé, d’avoir un toit pour dormir, etc. Écrivez tout cela sur un carnet et relisez-le dès que nécessaire. Un petit « Merci la vie » ne fait jamais de mal.


5 – Et enfin, souriez !

Le simple fait de sourire (mouvement faciale volontaire maintenu durant une minute au moins) rend plus heureux. En effet, on trompe notre cerveau ! Ce dernier l’interprète comme un signe physique de joie et libère alors les molécules propres au sentiment du bien-être. « Magique » me diriez-vous ? Non juste une réaction physique, prouvée scientifiquement. Sceptique ? Testez-vous-même et souriez !

54 views0 comments