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La santé au travail, un atout pour les entreprises.


Avec la pandémie liée à la COVID-19, les organisations se soucient davantage de la santé de leurs salariés. Cette crise représente finalement une opportunité de s’intéresser à ces sujets, de s’y familiariser et, pourquoi pas, d’instaurer une politique de prévention en entreprise.


Dans un premier temps, il est indispensable de comprendre ce qu’est la santé mentale au travers d’une définition commune. La santé mentale est définie par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme « un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » La santé mentale n’est donc pas uniquement l’absence d’aspects négatifs mais bel et bien la présence d’éléments positifs. L’OMS définira d’ailleurs un environnement de travail saint comme « celui dans lequel il n’y a pas seulement une absence de conditions nocives, mais, au contraire, une abondance de facteurs favorables à la santé ». Au travers de cette notion, on observe donc deux objectifs majeurs :

  • Améliorer la qualité de vie au travail (objectif principal)

  • et protéger et promouvoir la sécurité, la santé et le bien-être des salariés.

L’un des principaux fléaux des salariés est le stress au travail. Ce dernier est défini comme une « situation évaluée par l’individu comme excédant ses ressources et pouvant menacer son bien-être. » (Lazarus et Folkman, 1984). Les exigences de la situation sont trop importantes comparées aux ressources dont dispose l’individu. C’est ce déséquilibre qui est à l’origine du stress.

Inutile de préciser que le stress au travail a un impact très négatif sur l’individu. Plus spécifiquement, cela peut engendrer des troubles psychologiques (anxiété, rumination, erreurs ...), physiques (maladies cardio-vasculaires, déficit immunitaire …), comportementaux (fuite, repli sur soi …) et interpersonnels (irritabilité, agressivité …). Tout cela pouvant affecter la santé mentale du collaborateur et mener à des dépressions, burn-out, bore-out, brown-out … Ce stress et ce mal-être vont donc également se répercuter sur l’entreprise puisqu’ils conduisent à un taux d’absentéisme plus élevé ainsi qu’à une diminution de la productivité et de l’engagement des employés. C’est toute la productivité de l’entreprise qui entre en jeu. De plus, l’employeur risque de souffrir d’une mauvaise image de marque et réputation.


Pour éviter cela, le monde du travail a donc un réel intérêt à promouvoir la santé mentale des salariés.


Concrètement, comment fait-on ?

La psychologie de la santé mentale au travail cherche à comprendre les processus psychologiques impliqués dans les problématiques de santé au travail chez les salariés. On va dès lors s’intéresser à l’individu dans son environnement de travail. Mais il est tout de même important de préciser que l’individu est à appréhender comme un « système complexe ». Nous évoluons tous avec nos croyances, notre personnalité et nos émotions. Toutes ces spécificités entraînent une réaction différente et propre à chaque individu dans la sphère professionnelle. Il n’est donc pas recommandé de dissocier l’individu du salarié.

Deux perspectives existent dans la psychologie de la santé au travail : examiner et comprendre ce qui nuit à la santé des salariés mais aussi, observer ce qui promeut le bien-être des salariés.


Il y a trois niveaux d’intervention possible pour diminuer le risque d’apparition de stress au travail :


  • Primaire : Prévenir

C’est une phase de diagnostic. On cherche à réduire les facteurs de stress professionnels en agissant à la source sur l’organisation du travail, des styles managériaux et des conditions de travail. On va donc identifier les causes de dysfonctionnement potentiel rencontrées dans l’organisation (risques psycho-sociaux, situations de tension au travail …).


Pour bien prévenir, il est nécessaire de réaliser régulièrement des audits. Qu’est-ce qui est déjà mis en place dans l’entreprise pour limiter les risques ? Quels outils sont utilisés ? Les salariés, les managers sont-ils sensibilisés à ces sujets ?

En parler, partager ses connaissances, c’est déjà une forme de prévention. Nous pouvons mettre des affiches de sensibilisation dans les locaux concernant les maladies professionnelles ou les facteurs de risque psycho-sociaux, communiquer auprès des salariés, avoir des référents en matière de bien-être au travail, ou encore, faire passer régulièrement des questionnaires de qualité de vie au travail (comme le Happiness Survey).


Créer un environnement de travail agréable, ergonomique et propice à la concentration est aussi indispensable. Des zones de repos peuvent être aménagées. Au-delà des locaux, les managers ont aussi une grande responsabilité dans l’épanouissement des salariés. L’autonomie et la confiance accordée, fixer des objectifs clairs et réalisables, le respect de la vie privée, la reconnaissance … tous ses aspects sont vecteurs de bien-être au travail.


  • Secondaire : Limiter et corriger

Ici, on cherche à mettre en place des actions à destination des salariés pour gérer des situations de tensions. On cherche à limiter le mal qui est déjà présent et/ou ses conséquences. L’idée est de donner des outils aux salariés pour lutter efficacement contre le stress ou autres risques. Cela passe par de l’accompagnement (individuel ou collectif). Les thérapies cognitivo-comportementale (TCC) sont très utilisées et adaptées. La relaxation aussi pour réduire le stress à un niveau physiologique. L’objectif globale est que les personnes puissent agir sur leurs processus de pensée, et leur réponse émotionnelle. Pour cela on va décomposer le processus réactionnel : « Quelle est la situation qui provoque du stress chez moi ? », « Comment je l’interprète ? », « Quelles émotions et réactions comportementales en découlent ? ».


  • Tertiaire : Réparer

Aide aux salariés déjà en souffrance. Le but est de diminuer la détresse. Il s’agit là d’un accompagnement individualisé où une réelle prise en charge par un psychologue est nécessaire. Une cellule de soutien psychologique peut être proposée en cas d’incident critique (mal-être important, agression sur le lieu de travail, suicide d’un salarié …).



De nombreux facteurs de risque psycho-sociaux peuvent être présents dans l’entreprise. Le stress, le harcèlement, la discrimination, ou toutes autres formes de violence vont nuire à l’individu. Nous avons donc tous un rôle à jouer dans nos organisations pour limiter ou éliminer ces facteurs.


Pour toute question ou informations supplémentaires, vous pouvez contacter Claire Beaurianne via cbeaurianne@greenfish.eu


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